Une seule entreprise, deux régimes
En brefDans les deux cas, vous êtes entrepreneur individuel, avec un patrimoine professionnel séparé de votre patrimoine personnel.
La micro-entreprise n'est pas une forme juridique à part : c'est une entreprise individuelle soumise à un régime simplifié, pour l'impôt comme pour les cotisations. Depuis le 15 mai 2022, tout entrepreneur individuel bénéficie d'une séparation automatique entre son patrimoine personnel et son patrimoine professionnel : vos créanciers professionnels ne peuvent saisir, en principe, que les biens utiles à votre activité.
La déclaration se fait au Guichet unique, gratuitement, dans les deux cas. Ce qui change, c'est la façon de calculer vos impôts, vos cotisations et la comptabilité à tenir.
La micro-entreprise : simple, mais plafonnée
En micro-entreprise, vos cotisations sociales sont un pourcentage du chiffre d'affaires encaissé, déclaré chaque mois ou chaque trimestre. Sans chiffre d'affaires, rien à payer. Votre bénéfice imposable est calculé par un abattement forfaitaire sur ce chiffre d'affaires, ou vous optez, sous condition de revenus, pour le versement libératoire de l'impôt.
La comptabilité se limite à un livre des recettes, et à un registre des achats si vous vendez des marchandises. Une franchise vous dispense de facturer la TVA tant que vous restez sous un seuil.
La contrepartie : le régime s'applique tant que votre chiffre d'affaires reste sous des plafonds annuels, différents pour la vente et pour les services. Et vos charges réelles ne comptent pas : loyer, matériel, sous-traitance, déplacements ne se déduisent pas, puisque l'abattement les suppose forfaitaires.
Le réel : vos vrais chiffres
Au régime réel, vous êtes imposé et vous cotisez sur votre bénéfice réel : chiffre d'affaires moins charges réelles. Une année d'investissement ou de démarrage difficile peut dégager un déficit, imputable dans certaines conditions sur vos autres revenus. Il n'y a pas de plafond de chiffre d'affaires.
Vous facturez en principe la TVA et la récupérez sur vos achats, ce qui compte quand vos clients sont des entreprises et que vous investissez. La comptabilité est plus complète, avec des comptes annuels : la plupart des entrepreneurs au réel se font aider par un expert-comptable. Enfin, l'entrepreneur individuel au réel peut opter pour l'impôt sur les sociétés, ce qui le rapproche fiscalement d'une EURL.
Le réel a aussi un coût : la tenue de la comptabilité, souvent confiée à un expert-comptable, et des déclarations plus nombreuses. Avant de le choisir, comparez ce que vous économiseriez en déduisant vos charges avec ce que vous coûteraient ces obligations. Pour beaucoup d'entrepreneurs qui investissent ou emploient des sous-traitants, la balance penche nettement vers le réel ; pour ceux qui vendent surtout leur temps, la micro-entreprise reste souvent gagnante.
Les deux régimes côte à côte
| Micro-entreprise | Entreprise individuelle au réel | |
|---|---|---|
| Plafond de chiffre d'affaires | Oui, fixé chaque année | Aucun |
| Cotisations | Pourcentage du chiffre d'affaires | Calculées sur le bénéfice |
| Charges réelles | Non déductibles | Déductibles |
| TVA | Franchise sous un seuil | Facturée et récupérée en principe |
| Comptabilité | Livre des recettes | Comptabilité et comptes annuels |
| Déficit | Impossible | Possible |
| Prix Formalist, par un avocat | 238,80 € TTC | 468 € TTC |
Comment choisir
En brefPeu de charges : la micro-entreprise. Beaucoup de charges, d'investissements ou de clients professionnels : le réel.
- Vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire de votre activité : le réel est souvent plus avantageux
- Vous investissez au démarrage (véhicule, machines, aménagement) : le réel permet de déduire et de récupérer la TVA
- Vos clients sont surtout des particuliers et vos charges faibles : la micro-entreprise est souvent plus simple et moins chère
- Votre chiffre d'affaires approche ou dépassera les plafonds : partez directement au réel ou en société
Le passage n'est pas irréversible. Un micro-entrepreneur qui dépasse les plafonds deux années de suite passe au réel au 1er janvier suivant ; il peut aussi opter pour le réel avant. Une modification de l'entreprise individuelle suffit, sans fermer l'entreprise.
Trois situations pour se repérer
Une graphiste qui travaille depuis chez elle, avec un ordinateur et quelques logiciels, a peu de charges : l'abattement forfaitaire de la micro-entreprise dépasse largement ses frais réels, et la simplicité du régime l'emporte. Elle restera en micro-entreprise tant que son chiffre d'affaires reste sous le plafond.
Un menuisier qui achète un véhicule, des machines et loue un atelier engage des charges élevées dès la première année. Au réel, il déduit ces dépenses, récupère la TVA sur ses achats et peut constater un déficit au démarrage : le réel est souvent plus intéressant, malgré une comptabilité plus lourde.
Un consultant qui facture des entreprises à un tarif journalier élevé approche vite des plafonds. Il peut démarrer en micro-entreprise pour tester son activité, puis passer au réel ou en société quand son chiffre d'affaires se confirme. Une SASU ou une EURL devient alors une option sérieuse, notamment pour séparer clairement ce qu'il garde dans l'entreprise et ce qu'il se verse.
Dans chaque cas, une simulation sur vos chiffres réels, faite avec un expert-comptable ou avec les simulateurs officiels, reste le meilleur arbitre.
Professions libérales et agents commerciaux
Un consultant, un formateur ou un professionnel de santé suit le même raisonnement, avec en plus une caisse de retraite propre à certaines professions et, pour les professions réglementées, une inscription à l'ordre. Formalist propose un accompagnement libéral, à 348 € TTC en micro-entreprise et 468 € TTC au réel. Un agent commercial, lui, s'inscrit en plus au registre spécial : voir devenir agent commercial.
Passer à l'action
Pour un commerce ou un artisanat : créer une auto-entreprise, déclarée par un avocat pour 238,80 € TTC, ou créer une entreprise individuelle au réel pour 468 € TTC. Aucun frais officiel ne s'ajoute. Si une société vous semble finalement plus adaptée, lisez SASU ou EURL.